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« Que celui qui reste assis sur son cul me lance la première pierre», déclarait un jour l'ex-ministre socialiste français Bernard Kouchner. En voilà une qui ne risque pas la lapidation.

L'artiste peintre Dominique Richard fait partie de cette race d'individus qui s'accroche à leurs idéaux et les défend bec et ongles face à l'adversité.

Féministe, écologiste, indépendantiste, elle organise en ce moment son sixième événement politique qui aura lieu le 15 février prochain:

Une vigile de 7h à 19h au Pied-du-Courant ainsi qu'une soirée politique à La Place à Côté.

Combat quand tu nous tiens...

Déjà enfant, la petite Dominique doit apprendre à résister. Atteinte de la maladie spina-bifida, souvent, avec d'autres mioches qui doivent se battre, elle dessine des soleils et des montagnes à Sainte-Justine tandis que les amis gambadent à l'extérieur.

Cela lui fait prendre conscience de la fragilité de certaines choses ainsi que de la nécessité de persévérer. « C'est à cette époque que j'ai compris que chaque journée est importante et qu'il faut aller au bout de nos rêves. »

Adolescente, elle convient avoir eu de mauvaises fréquentations. Elle a d'ailleurs été surveillée pendant six mois par des membres de la GRC: son père en fait partie!

Les mauvaises rencontres la mèneront un jour dans un centre pour femmes victimes de violence conjugale. C'est à ce moment qu'elle devient féministe. « J'ai vu des horreurs. Il y avait une femme que son conjoint avait prise par le chignon par derrière et avait frappée à plusieurs reprises contre une poignée de porte. Il a été acquitté parce qu'il fut établi en cour que la victime, puisqu'elle était dos à son agresseur, ne pouvait l'identifier de façon formelle.»

Le goût de changer les choses sommeille. Mais ce n'est toutefois qu'en 1996 qu'elle décide de se consacrer activement aux idéaux qui lui tiennent à coeur. C'est au cours d'un week-end de sensibilisation politico-culturelle dans les Laurentides, qu'elle fait la connaissance d'Armand Vaillancourt; ce sera un véritable choc. « J'ai ressenti un peu comme une illumination; le besoin urgent de me consacrer activement à la chose politique. » Puis, en refermant Les Justes de Camus, elle comprend que sa vie vient de changer.

Une rencontre avec l'auteur René Bélanger, un ami de Pierre Falardeau, va lui permettre de mettre enfin ses idées à exécution: «J'avais l'impression que ce qui se disait à la télé ou ce que je lisais dans les journaux ne m'atteignait pas beaucoup. Or, la présence de ces gens-là m'a permis de comprendre que le militantisme faisait partie intégrante de ma personnalité et de ma vie», se souvient-elle.

Et sur quoi portera la prochaine soirée politique? « Il faut sensibiliser les gens à l'écologie. En ce moment, par exemple, on parle d'élargir le fleuve Saint-Laurent jusqu'au lac Ontario. Ce sera très néfaste. Ces informations sont importantes pour les Québécois. Et puis ce genre de soirée permet de garder les troupes au chaud et de conserver le moral en attendant que l'indépendance se fasse. »

Et serait-elle prête à prendre les armes pour cela si le FLQ renaissait par exemple? Hésitation... « Oui, j'en suis persuadée. »


Note - L'article est tiré de La Presse, du mardi 10 février 2004. Féministe, écologiste, indépendantiste. Claude André Collaboration spéciale, La Presse


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